N° 114 Avril
2006
« Nous
sommes en outre ce qu’ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures,
des hommes vraiment sans dieu, sans maîtres, sans patrie, les ennemis
irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel et collectif,
c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les
amants passionnés de la culture de soi-même » Fernand Pelloutier - lettre aux anarchistes
Le 37ème contrat
En Juin
1982, le Gouvernement MAUROY suspend (brutalement et sans concertation !)
l’application d’accords signés entre syndicats ouvriers et employeurs.
Autrement
dit, il remet en cause la loi du 11 Février 1950 sur les conventions
collectives.
Conséquence
de cette forfaiture, nous en serions, avec le CPE, au 37ème contrat
type s’opposant aux dispositions du code du travail et des conventions
collectives protégeant le salarié bénéficiant d’un CDI.
Force nous
est de constater que le CPE n’a rien d’original ni de nouveau, il s’inscrit
dans une politique dictée par Bruxelles et approuvée (dans le cadre du
syndicalisme rassemblé dans la prétendue Confédération Européenne des
Syndicats) par l’ensemble des bureaucraties syndicales …
« La
soupe est bonne mon général !! »
Dans ces
conditions, on est en droit de s’interroger sur les véritables objectifs des
manifestations à répétition de la jeunesse scolarisée avec comme seul mot
d’ordre « retrait immédiat et
maintenant » du CPE.
Quel est
le véritable objectif de cette agitation orchestrée par les partis de
« gauche » avec la complicité des bureaucraties syndicales ?
La réponse
à cette question, c’est Hollande (successeur de Pierre Mauroy) qui nous la
donne lorsque le 6 mars 2006, il déclare :
« Si le gouvernement s’obstine à toujours
passer en force, à ne jamais prendre le temps de la concertation, il y aura
d’autres mouvements, d’autres manifestations, d’autres 7 mars, et il y aura un
grand rendez-vous en 2007 où les Français auront à choisir entre une politique
brutale faite de précarité et une autre qui fait de la concertation et qui met
de la sécurité ».
En son
temps, Anatole France avait déclaré : « On croit mourir pour
Aujourd’hui,
fort heureusement, on ne meurt pas mais on croit défiler contre le CPE alors
qu’on manifeste pour le retour au pouvoir de politiciens sans scrupules, les
mêmes qui ont contribué à instituer les 37 contrats types.
Pour ce
faire, un premier objectif : avec le concours de Bruxelles (on notera que Monks responsable de
Mais une
question demeure : Volonté de déstabiliser, assurément … mais au profit de
qui ?
Mr Hollande, Mme Royal,
Sarkozy ?
Il est vrai
que tout ceci a un côté puéril, sauf que … « qui sème le vent récolte la tempête ».
On ne peut
indéfiniment et impunément tromper le Peuple. Lorsque des femmes et des hommes
s’aperçoivent qu’on a abusé de leur crédulité, ils ont de sérieuses raisons de
se mettre en colère. C’est alors que peut surgir la « grève
générale », la vraie, et se vérifier l’admirable formule de la 1ère
Internationale :
« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des
travailleurs eux-mêmes. »
Alexandre Hébert