N° 29 Mars
1996
« Nous
sommes en outre ce qu’ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures,
des hommes vraiment sans dieu, sans maîtres, sans patrie, les ennemis
irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel et
collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du
prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même » Fernand Pelloutier - lettre aux anarchistes
INDEPENDANCE OU CORPORATISME
S’exprimant
au Congrès Confédéral C.G.T. (décembre 1995), Louis VIANNET déclare :
« La force avec laquelle nous avons réaffirmé notre
volonté d’adhérer à
La « vigueur
de la polémique » se
situant, ce qui n’est pas nouveau, sur le terrain de l’indépendance, VIANNET
mettant un signe égal entre F.O. et
De son
côté, Le Président du C.N.P.F., Jean GANDOIS, attribue (dans « les
Echos »), la difficulté de conclure positivement des négociations, à la « situation
éclatée » du syndicalisme.
Déjà, en
son temps, Edouard BALLADUR, Premier Ministre, formulait le même regret à une
délégation du Bureau Confédéral de
Mais il
est clair qu’elle se fera de plus en plus pressante tant est impérieuse
l’exigence de consensus, indispensable à la réalisation de l’Europe Vaticane,
grâce au principe de subsidiarité, dont la logique implacable, fait de chaque « partie »
composant le « Tout » un
exécutant docile, inconditionnel, et, de ce « Tout », ce
qui est la définition même du totalitarisme.
En ce
sens, une grande organisation « syndicale »,
« rassemblée » associée à l’exécution des décisions
gouvernementales, n’est pas une vue de l’esprit, mais bel et bien le processus
que tentent de mettre en route les partisans de l’Etat corporatiste.
Mais à
ces plans de régression sociale, à ces tentatives totalitaires, il y a un
obstacle de taille : la classe ouvrière qui s’est clairement manifestée, dans
le mouvement de novembre/décembre 1995, mais aussi au Congrès Confédéral de
Une
classe ouvrière qui se remet debout, reconstitue son potentiel d’intervention
directe ; une classe ouvrière qui, par les délégués de ses syndicats, dans un
Congrès qui fera date, réaffirme, conforte l’indépendance syndicale et par ce
simple fait, bouleverse les plans de tous ceux qui, à droite comme à gauche, ou
ailleurs, nous rêvent asservis.
Joachim Salamero