N° 63 Février 2001
« Nous
sommes en outre ce qu’ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures,
des hommes vraiment sans dieu, sans maîtres, sans patrie, les ennemis
irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel et collectif,
c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les
amants passionnés de la culture de soi-même » Fernand Pelloutier - lettre aux anarchistes
L’ACCOMPAGNEMENT
A DISTANCE !
Subsidiaires
des subsidiaires … ?
A observer la stratégie
mise en œuvre par les organisations syndicales, on ne peut que ressentir un
malaise. Tout est fait pour, sur le plan politique, dédouaner les institutions
européennes et leurs « domestiques » de la « gauche »
plurielle.
En
quelque sorte, on demande aux militants syndicaux de se faire les subsidiaires
des subsidiaires ! Bien évidemment, le MEDEF, avec la complicité active de
Mais,
peut-être, cette tactique a-t-elle été élaborée dans ce fameux « Comité de
Dialogue Social » dont JOSPIN avait dit qu’il faisait des syndicalistes
« des co-législateurs » !!!
Cela
étant, il nous faut bien constater que les néo-staliniens font Ecole, que nous
sommes en pleine « stimulation critique ». Dans ces conditions, pas
étonnant que certains trouvent, maintenant beaucoup de charme à la
fréquentation des « cocos » ou des « cosaques » qui, il est
vrai, on l’a vu lors du récent carnaval de Nice jouent pleinement leur rôle de
chiens de garde des institutions totalitaires qui, à l’échelle européenne, se
mettent progressivement et apparemment inexorablement, en place.
Bien
entendu, aujourd’hui comme hier, le premier devoir des militants syndicalistes
est de défendre, en toutes circonstances, les intérêts de leurs mandants. Pour
autant, cela ne saurait justifier la participation à des opérations contraires
aux intérêts de nos mandants. C’est ainsi que je juge, pour le moins contestable,
le fait d’avoir estimer devoir participer aux manifestations du 25 janvier.
Il
est vrai que dans une interview à l’AFP, le 25 janvier, Marc Blondel fixe
l’orientation : A la question :
« Estimez-vous que
le gouvernement est aujourd’hui dans l’obligation d’intervenir pour débloquer
la situation sur les retraites complémentaires, et peut-on éviter une
négociation élargie à l’ensemble du système des retraites ? »
Il
répond :
« le
gouvernement se trouve maintenant dans une situation délicate. Par son coup de
force, le MEDEF le contraint à dégager une jurisprudence sur les prélèvements
qui, rappelons-le, sont généralisés. Il reste évident que, ce faisant, il
confirmera ou infirmera la retraite à 60 ans, ce qui est un problème
politique ».
Il faut admettre que, ce
faisant, à sa façon, il participe à la manipulation des « masses »
orchestrées par les chiens de garde des institutions liberticides de Bruxelles.
Cela étant, il ne faut
pas se méprendre. Je n’ai jamais caché que j’estimais que le débat entre
« réformistes » et « révolutionnaires », avait parfois un
caractère superficiel. Le mot « réformiste » comme beaucoup de
vocable, a été utilisé de manière partisane par les tenants du corporatisme (et
pas seulement par eux). De ce point de vue, je dois préciser que je ne confonds
pas « réformistes syndicaux » et « socio-démocrates ».
On ne peut toutefois
oublier que les camarades se réclamant du courant réformiste font parfois
preuve d’une certaine naïveté et ont tendance à penser que les problèmes peuvent
se régler par de bons rapports personnels. Ce qui est évidemment absurde.
Pour prendre un exemple
récent, je n’oublie pas que certains s’étaient imaginés que Martine Aubry et
Jospin ne donneraient pas leur agrément à l’accord CFDT/MEDEF sur l’UNEDIC … Il
leur a fallu déchanter !
Mais Il nous faut bien
constater que depuis 1982 nous allons de recul en recul. Pour autant, Il ne
faut surtout pas céder au découragement. Ceux des militants ouvriers
véritablement soucieux de préserver l’indépendance de classe de leurs
organisations doivent se regrouper. Il leur faut, sans sectarisme mais avec
fermeté, dire la vérité, il y va de nos libertés et de nos conditions
matérielles d’existence.
De ce
point de vue, on ne peut que se féliciter de la renaissance, à Nantes, du
Groupe Fernand Pelloutier, qui a décidé d’inscrire son action dans le cadre
national de l’U.A.S. et de se réunir tous les quinze
jours. On peut espérer que cet exemple sera suivi ailleurs. Dans la situation
actuelle, il s’agit d’une nécessité absolue.
Alexandre Hébert